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Le concert de Misié Sadik en temps de Covid-19 : une délicieuse torture !


Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’aime beaucoup Misié Sadik. Depuis longtemps.

Alors, lorsque j’ai appris en juillet qu’il serait en concert le 8 août à La Kaz’Art à Baie-Mahault, je savais que j’irais d’autant plus volontiers que cela devait se passer dans un lieu ouvert. En effet, comme je l’ai déjà précisé auparavant, je n’aime pas aller voir des spectacles dans des salles fermées, avec beaucoup de monde, à cause d’une peur liée à un mauvais souvenir d’enfance.

Bien sûr, depuis des mois, le nombre d’événements culturels en Guadeloupe est plus que limité du fait de la pandémie Covid-19 et des interdictions pour limiter la propagation du virus. Et celles-ci ont été encore renforcées ces dernières semaines, suite à l’apparition de nouveaux cas dans l’archipel.

Entre le port du masque obligatoire et les mesures sanitaires à appliquer, je me demandais comment un concert de Misié Sadik allait bien pouvoir se passer. Cependant, j’ai fait confiance à l’organisation et j’ai eu raison. Bravo à l’équipe qui a su nous rassurer de bout en bout !

Jour J. 20h. Nous (mes cousins Sonia et Fabrice, mon amie Muriel) y sommes.

Arrivés tôt, nous avons passé les multiples étapes concernant les précautions sanitaires et nous sommes installés pas trop loin de la scène. Le public est au rendez-vous, composé de toutes les générations et majoritairement de femmes.

Assis, nous pouvons retirer nos masques. Dès qu’il s’agit de circuler au sein de l’espace, il faut les remettre. La consigne est diffusée via un message sonore environ tous les quarts d’heure. Un réel conditionnement !

Nous attendons sagement sur nos chaises, mais le temps se fait un peu long… J’ai appris à me montrer patiente, surtout concernant les concerts, mais il a fallu attendre tout de même une heure avant que le concert débute, avec une première partie assurée par Dimitri Paul, un artiste guadeloupéen. Il a une jolie voix, de belles propositions musicales, mais je crois que son univers artistique cadre mieux avec des lieux intimistes plutôt qu’avec des grandes scènes.

30 minutes plus tard, Dimitri Paul laisse la place à Misié Sadik. Enfin ! Il est là !

Sa voix était au rendez-vous, avec une intensité incroyable. Il a enchaîné les morceaux… Des anciens, des nouveaux. Certains aux rythmes endiablés, d’autres plus lents.

Ce que j’aime le plus avec Misié Sadik en concert, c’est évidemment sa présence scénique. Il occupe l’espace, il en impose. Il nous a « emporté » pendant deux heures !

Que ce fut dur quand même…

J’ai mis en titre que c’était une délicieuse torture. A quasi chaque morceau, nous avions envie de bondir sur nos pieds pour danser, mais il fallait rester assis. Pendant deux heures ! Il y a eu trois instants particulièrement éprouvants.

1. Durant les morceaux de dancehall, alors que Misié Sadik et ses deux danseurs enchaînaient les pas sur scène, avec une belle énergie.

2. Quand Jenny Paulin a effectué son éblouissante prestation au son du gwoka, deux dames juste à côté de nous se contorsionnaient sur leurs chaises. Les pauvres !

3. Riddla, qui faisait partie des artistes invités, n’a pu s’empêcher de chanter le morceau « An Wo » tout en nous demandant de n’utiliser que nos bras. Terrible pour nous !

Hormis cette douce torture de ne pas pouvoir bouger, danser comme nous voulions, j’ai passé un excellent moment. Ceux qui m’accompagnaient aussi, même s’ils ont partagé ma frustration de devoir rester assis.

Eux, comme nous, ont tout donné !

J’avais mal à la gorge à la fin du concert, tant j’avais chanté car, évidemment, je connais nombre de morceaux par coeur, notamment « Awtis » qui fait partie de mes préférés.

Je n’étais pas la seule à chanter à pleins poumons. C’était un vrai plaisir d’entendre le public faire les choeurs et de voir l’émotion de Misié Sadik alors qu’il écoutait toutes ces voix unies. Autres moments d’intensité pour lui : lorsque ses invités aux univers très différents le rejoignaient sur scène. Il y avait à chaque fois une belle complicité, une réelle joie de chanter en duo.

Pour finir, je tiens à saluer la prestation des musiciens que j’ai trouvé excellente. J’aurais encore plus apprécié la musique dans un espace vraiment dédié à cela comme l’Artchipel. J’espère qu’un jour, je pourrai voir Misié Sadik sur la scène du centre des arts qui est en cours de rénovation depuis des années. Là, je crois que le bonheur sera total !

PS : Digicel a proposé une diffusion gratuite du concert, à visionner sur sa page Facebook


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