La Grande Caraïbe décryptée depuis 2015
Nucléaire civil : la République dominicaine scelle un partenariat stratégique avec les Etats-Unis

Les Etats-Unis et la République dominicaine ont signé le 17 juin un mémorandum d’entente sur la coopération nucléaire civile, un accord diplomatique qui pourrait marquer le point de départ d’une nouvelle filière énergétique pour le pays caribéen.
Cette signature s’inscrit dans une stratégie plus large des Etats-Unis visant à consolider ses partenariats énergétiques stratégiques dans la région, à un moment où la République dominicaine cherche à diversifier son mix électrique.
Un accord signé à haut niveau entre Washington et Saint-Domingue
L’accord, baptisé Nuclear Cooperation Memorandum of Understanding (NCMOU), a été paraphé par le secrétaire d’Etat adjoint américain Christopher Landau et le ministre dominicain de l’Energie et des Mines, Joel Santos, en vue de faire progresser une coopération nucléaire civile pacifique entre les deux pays.
Le département d’Etat américain présente cette signature comme le reflet d’une volonté mutuelle de développer un partenariat nucléaire civil robuste, de renforcer la sécurité énergétique et d’élargir la coopération économique, tout en promouvant les normes les plus strictes en matière de sûreté, de sécurité et de non-prolifération nucléaires.
Selon le communiqué officiel du département d’Etat, les memorandums de ce type constituent des outils diplomatiques importants, développés durant le premier mandat du président Trump, destinés à poser les bases d’un élargissement des liens stratégiques en matière de nucléaire civil entre les Etats-Unis et leurs partenaires clés, afin de soutenir un usage responsable de l’énergie nucléaire dans des applications variées, allant de la production d’électricité à la fabrication d’isotopes médicaux.
Ces accords visent également à favoriser un engagement de long terme avec l’industrie américaine et à consolider des relations stratégiques durables avec les Etats-Unis.
Une étape, pas un engagement de construction
Cependant, il convient de préciser la portée réelle de ce texte : un mémorandum d’entente ne constitue pas, en lui-même, un engagement de construction d’une centrale nucléaire, ni un accord de coopération en matière nucléaire au sens juridique le plus contraignant (communément appelé « accord 123 » dans le droit américain).
Il s’agit plutôt d’un cadre politique préalable, destiné à structurer le dialogue technique et industriel entre les deux pays avant d’éventuelles négociations plus poussées.
Toutefois, ce type d’instrument est généralement considéré comme un signal fort d’intention, ouvrant la voie à l’implication d’entreprises américaines du secteur nucléaire dans le pays partenaire.
Une inscription dans la dynamique des relations bilatérales
Cette signature intervient alors que la coopération entre les Etats-Unis et Saint-Domingue s’intensifie sur plusieurs fronts. Le pays a en effet enregistré des investissements directs étrangers record, atteignant 1,54 milliard de dollars au premier trimestre 2026, ces flux jouant un rôle central dans l’économie dominicaine.
Le pays s’est par ailleurs distingué récemment sur la scène diplomatique régionale en figurant parmi les signataires d’une déclaration de soutien au mémorandum d’entente entre les Etats-Unis et l’Iran sur le dossier nucléaire iranien, confirmant un alignement diplomatique assumé avec Washington sur les enjeux de non-prolifération.
Néanmoins, cette annonce doit aussi être resituée dans le contexte plus large des tensions régionales actuelles, marquées par le déploiement militaire américain dans la Caraïbe et le report du Sommet des Amériques, initialement prévu à Punta Cana fin 2025.
La République dominicaine, qui avait déjà exclu Cuba, le Nicaragua et le Venezuela de la liste des invités à ce sommet, confirme ainsi son positionnement comme partenaire privilégié de Washington dans la région, y compris sur des dossiers aussi sensibles que l’énergie nucléaire.



